Shas : politique haredi séfarade et pouvoir de coalition

Création du parti
Shas a été fondé en 1984 pour représenter principalement des électeurs ultraorthodoxes séfarades et mizrahim. L’influence religieuse du rabbin Ovadia Yosef a été centrale dans son identité. Le mouvement s’est aussi construit contre le sentiment de sous-représentation dans certaines institutions dominées par des dirigeants ashkénazes. Il a développé des réseaux d’éducation, d’entraide et de politique locale. Sa place dans la société ne peut pas être réduite à une simple étiquette religieuse.
Direction et électorat
Aryeh Deri demeure en 2026 le principal dirigeant politique de Shas, tandis que l’autorité rabbinique joue un rôle important. Ses électeurs sont issus de milieux sociaux variés et ne se confondent pas avec ceux du Judaïsme unifié de la Torah, davantage lié à des courants haredim ashkénazes. Le parti insiste sur l’éducation religieuse, les traditions familiales et l’aide sociale. Il bénéficie aussi du soutien de personnes attachées à la tradition sans appartenir uniformément au même mode de vie.
Poids dans la Knesset
Shas a obtenu onze sièges lors des élections de 2022. Avant le scrutin prévu en octobre 2026, plusieurs sondages lui attribuent environ sept ou huit sièges. Son record historique fut de dix-sept sièges en 1999. Même lorsqu’il n’est pas le plus grand parti religieux, il peut jouer un rôle décisif dans une coalition puisque la Knesset compte 120 membres. Parler du « parti religieux le plus puissant » exige donc de préciser la date et la méthode de comparaison.
Sujets de conflit
Les débats portent sur le financement des écoles et des yeshivot, l’exemption ou le service militaire des étudiants religieux, les allocations sociales, le Shabbat et la cacherout. Les partisans valorisent l’étude de la Torah et le maintien d’institutions communautaires; les opposants critiquent certaines inégalités de ressources ou d’obligations civiques. Ces désaccords doivent être présentés comme de véritables conflits de politique publique, pas comme des caricatures des électeurs.
Pourquoi Shas compte
L’histoire du mouvement lie identité séfarade, mobilité sociale, religion et représentation démocratique. Il a donné une voix à des groupes qui se sentaient parfois écartés des centres du pouvoir. Sa participation aux gouvernements a toutefois suscité des débats sur l’influence du religieux dans la politique civile. Comprendre Shas suppose de regarder ses écoles, ses dirigeants, son électorat et ses choix parlementaires.
Sources et références
Mise à jour : 25 octobre 2026.